Oenoutourisme2L’oenotourisme a le vent en poupe, c’est un fait. Le succès de cette nouvelle forme de tourisme qui allie découverte des terroirs, proximité avec le producteur et gastronomie, s’avère de plus en plus retentissant. Pour autant, si la France est le premier pays producteur de vin au monde, tout comme elle est la première destination touristique, l’oenotourisme est une filière qui se développe doucement malgré son succès grandissant. Voici donc quelques conseils pour ceux qui souhaiteraient créer et développer un projet dans ce secteur.

1-Bien connaître les régions viticoles

En France, on estime qu’il y a un nouveau produit de terroir tous les 70 km. Cette profusion joue une grande importance dans la diversité des vins français. Si vous souhaiter créer une activité dans ce secteur, il vous faut avant tout connaître  les régions viticoles. Lorsque l’on parle de vins d’Alsace par exemple, on pense immédiatement aux vins blancs secs tels que le Riesling ou le Gewurztraminer, mais on y trouve aussi de grands vins rouges à base de Pinot Noir, seul cépage rouge autorisé en Alsace. En descendant au sud, la dégustation se portera sur les vins de Bourgogne. Cette région a donné naissance au premier vin blanc du monde : le Chablis. Le Beaujolais quant à lui est devenu célèbre grâce au Beaujolais nouveau, ce vin simple popularisé par le viticulteur Georges Marbeuf.

A l’ouest, Bordeaux et ses vignobles forment la plus grande région viticole du monde, on y trouve le Cabernet et Merlot pour les rouges, le Sauvignon et Sémillon pour les blancs. Des châteaux d’une qualité exceptionnelle, tels que Yquem, Mouton-Rothschild, Lafite, Latour, et Margaux, ont fait la renommée de la région.

Au nord, le champagne, qui provient de la région du même nom, est la boisson festive par excellence, de New-York à Singapour, en passant par Rio de Janeiro et Melbourne. La Vallée de la Loire et son Coteau du Layon, le Rhône avec le Châteauneuf du pape, ou encore le Languedoc et son Corbières, viennent compléter ce tableau non exhaustif des régions qui font frétiller les papilles.

2-Miser sur les métiers qui émergent

L’oenotourisme a le vent en poupe auprès des amateurs comme des néophytes. La proximité géographique des domaines, les RTT et la crise économique sont autant de facteurs qui favorisent le succès de ce nouveau type de tourisme local. Ce contexte favorise bien sur l’émergence de nouveaux métiers dans ce secteur. Les tours opérateurs (Wine Passport par exemple) permettent aux amateurs de nouvelles saveurs de partir à la découverte des appellations, des domaines, d’un savoir-faire et des méthodes de vinification et d ‘élevage des vins. Une fois sur place, des agences réceptives (Bordovino Wine Tour par exemple) prennent en charge les clients, leur travail consistant à organiser le séjour et créer les différents programmes.

L’événementiel est une filière également porteuse en ce qui concerne le vin. En effet, les occasions de déguster un verre de Sancerre lors d’un séminaire d’entreprise, ou encore lors d’une initiation à la dégustation de vin sont nombreuses. Enfin, on peut miser sur l’hébergement avec la création de chambre d’hôtes par exemple, afin d’héberger les oenotouristes au pied des vignes.

3-Qui sont les oenotouristes ?

La question est essentielle car comme dans tout type d’entreprise vendant produits et services, il faut savoir à qui l’on s’adresse. Atout-France (agence de développement touristique) s’est attaché à y répondre avec son étude réalisée auprès de 8 000 clients en visite. L’oenotouriste type est donc un homme, généralement français, âgé de 46 ans, il gagne bien sa vie, est marié, a des enfants et se déplace en voiture. Il se rend dans les domaines viticoles principalement pour l’achat du vin, la dégustation et la visite des caves, puis pour la découverte des paysages et des villages viticoles. Ainsi, la cible principale est le grand public.

L’oenotourisme est souvent envisagé comme un « à côté » des vacances, mais il peut aussi être déterminant dans le choix de la destination : c’est le cas dans les régions Alsace, Aquitaine, Bourgogne et Champagne.

4-Parier sur une clientèle étrangère

Le vin français est le second meilleur poste d’importation derrière l’aéronautique. Une partie des étrangers qui achètent des bouteilles françaises choisissent de venir découvrir les vignes et les domaines ; il faut donc parier sur eux ! Cette clientèle étrangère représente 39 % du tourisme viticole, avec une majorité de belges et de britanniques, suivis par les néerlandais et les allemands. Pour les viticulteurs, il faut prévoir les visites, préparer de la documentation en anglais, tout comme signaler son domaine avec des panneaux. Pour les autres (tours opérateurs, agences réceptives…), il faut impérativement adapter les circuits en fonction de la nationalité des clients et de leur culture.

5-Se rapprocher de la filière viticole locale

La filière du vin est assez fermée, les producteurs communiquent surtout entre eux et passent le plus clair de leur temps dans les vignes. Ainsi, les mondes du tourisme et du vin ne se côtoient pas forcément et communiquent peu.  Pour s’en faire connaître, la première chose à faire est de contacter les syndicats viticoles de la région car ils possèdent les contacts de tous les professionnels se trouvant dans leur périmètre. Voici des exemples de réseaux grâce auxquels il est possible de se faire connaître des producteurs : Bienvenue à la ferme, Gites de France, France Passion ou encore Accueil Paysan.

Pauline de Waele


Si vous souhaitez vivre et travailler en province, obtenez plus d’informations en vous inscrivant gratuitement pour PROVEMPLOI.