Interview Bruno SANVOISIN

Il a osé partir…Bruno SANVOISIN a quitté la capitale pour commencer un nouveau chapitre de sa vie. Voici son témoignage…

(PROVEMPLOI) Quand est-ce que vous avez quitté Paris ou la région parisienne et pour quelle région ?

(Bruno SANSVOISIN) J’habitais à Courbevoie. J’ai quitté la région parisienne en avril 2010 pour m’installer à Nantes, dans la région des Pays-de-la-Loire avec ma femme.

(P) Dans quel domaine travaillez-vous ?

(BS) Je travaille à mon compte dans le domaine de la communication.

(P) Quelles étaient les motivations principales de votre « installation en Province » ?

(BS) La motivation principale était vraiment de quitter Paris pour un meilleur cadre de vie. Il est vrai qu’il y a une large offre culturelle avec toutes les expositions et musées sur Paris, mais finalement nous n’avions pas le temps pour en profiter réellement. A quoi cela sert si on y va seulement 2 à 3 fois dans l’année… ? Dans ce cas, on peut aussi bien partir ! Après tout, ma femme et moi, nous étions fatigués de la vie parisienne.

(P) Pourquoi avez-vous choisi cette destination ? Selon quels critères ? De la famille habitant dans la région ?
Des souvenirs/expériences particulières liées à la destination ?

(BS) Nous ne connaissions pas du tout Nantes. Par contre, nous étions partis plusieurs fois dans l’ouest et nous avons toujours adoré cette partie de la France. Je connais bien la Baule-Escoublac qui est juste à côté de la mer, un endroit magnifique ! Nous avons commencé par vivre à la Baule pendant 7 mois en partant de Paris. Puis ma femme a été rappelée au siège social à Nantes. Si nous étions restés là-bas, je suis sûr que tous les amis seraient tout de suite venus nous rendre visite. Cependant, Nantes, ce n’est pas au bord de la mer, donc, ce n’est pas la même chose…
Par ailleurs, nous avons suivi les études concernant les villes en France où il fait bon vivre et qui montre un dynamisme fort et Nantes était très bien classé.

(P) Quelle était votre démarche du déménagement ? Comment avez-vous préparé votre déménagement ?

(BS) Nous avons d’abord passé un week-end sur Nantes afin de nous faire une première impression de la ville. Le séjour s’est très bien passé et il a conforté notre choix. Ma femme s’est lancée dans la recherche d’un travail et après peu de temps, elle a été invitée à passer un entretien. Au moment ou elle a appris qu’elle a été prise, nous avons démarré notre démarche de déménagement. Nous avons vendu notre appartement à Courbevoie, par conséquent, rien ne nous empêchait de partir, nous n’avions plus d’attache avec la capitale, à part nos amis… puis, nous avons organisé des visites d’appartements sur Nantes en prenant un vendredi ou un lundi. De cette manière, nous avons profité des week-ends prolongés nous laissant assez de temps pour faire notre choix.

(P) Quelles étaient les contraintes/difficultés (plutôt de nature personnelle ou professionnelle) ?

(BS) La chose la plus difficile était vraiment le fait de prendre la décision de partir. Le reste, ce n’était pas plus dur que tous autres types de déménagements. Je n’ai pas besoin de grand-chose, une connexion internet, un numéro de portable ou une ligne téléphonique et c’est tout…je peux travailler n’importe où ! Quant à ma femme, c’est différent, mais vous savez, entre le moment de son entretien et notre installation à Nantes, il s’est passé juste un mois et demi, alors, c’était assez rapide.

(P) Que diriez-vous de l’accueil en Province ? Est-ce qu’il vous était facile de vous intégrer dans votre nouvel entourage ?


(BS) Au début, ce n’était pas évident d’établir de nouvelles relations. Nous avons quitté notre réseau social et nous ne connaissions personne…Il faut savoir aussi que les Nantais restent plus entre eux et ils n’aiment pas particulièrement les Parisiens. Ils trouvent que les prix, surtout en termes d’immobiliers, sont complètement exagérés en région parisienne. On est serré et on paie cher, ils ne voient pas du tout l’intérêt… Pour moi, il est plutôt difficile de rencontrer des gens à part mes clients vu que je travaille en tant que freelance. Je me suis donc inscrit dans un club de golf pour entrer en contact avec de nouvelles personnes. C’était sympa dans un premier temps, cependant, notre nouveau réseau social s’est créé grâce à ma femme. Elle avait une collègue du travail dans le domaine des meubles de design avec laquelle elle s’entendait très bien. Nous sommes vite devenus proche avec ce couple vraiment sympa et nous avons réussi à développer un nouveau réseau social au fur et à mesure.
Ce qui est marrant aussi, c’est le nombre de Parisiens qui se trouvent dans la métropole nantaise. Il y en a beaucoup, presque comme une petite communauté en Province. Petit à petit, nous avons fait leur connaissance. Je les aime bien, les Parisiens sur Nantes puisqu’ils sont partis dans le même but que nous : à la recherche de meilleures conditions de vie et fuir la vie parisienne étant quand même particulièrement pesante.

(P) Qu’est-ce qui s’est changé depuis pour vous (et pour votre conjoint,e/famille) ? Comment sentez-vous aujourd’hui ?

(BS) Nous nous sentons tout à fait à l’aise ici. Ce qui est génial pour moi, c’est la proximité de Paris. Comme j’ai encore beaucoup de clients en région parisienne, il m’arrive de devoir me déplacer pour une réunion d’urgence. Cela ne me pose aucun problème, car je pourrais arriver dans la capitale dans 2 heures seulement en TGV si jamais il y a besoin. Mes clients savent qu’ils peuvent compter sur ma présence au cas où…

(P) Et si c’était à refaire… ?

(BS) Toujours et si c’était à refaire, nous choisirions à nouveau l’ouest puisque comme je vous ai dit, nous sommes tombés amoureux de cette partie de la France. Peut-être la prochaine fois, je m’orienterais plus vers la Baule pour pouvoir me promener au bord de la mer après une longue journée de travail… Je ne pense pas que nous passerons toute notre vie à Nantes, mais on restera certainement dans le coin.

(P) Quel conseil donneriez-vous pour quelqu’un qui veut partir en Province ?

(BS) Il faut oser partir, ne pas avoir peur de prendre cette décision ! Aujourd’hui, je n’ai pas un seul ami qui me dit : « Comment tu as pu faire ça ? Qu’est-ce que t’étais bête de quitter Paris ! » Non, c’est plutôt le contraire, ils me disent tous : « Quelle chance ! Quel courage ! » J’ai l’impression qu’ils m’admirent et certains m’envient pour mon choix et pourtant, c’est tout à fait possible, il faut juste faire le premier pas…

Un livre à recommander dans ce contexte :